Pourquoi les Toulousains n’aiment pas les Bordelais ?

Pourquoi les Toulousains n’aiment pas les Bordelais ?

Dites « Bordeaux » à un Toulousain, ou « Toulouse » à un Bordelais, et observez sa réaction. Un sourire en coin, un soupir, parfois une petite pique bien sentie. Entre les deux grandes villes du Sud-Ouest, la rivalité est un sport à part entière. Mais d’où vient-elle vraiment ? Rugby, train, histoire, architecture : on a mené l’enquête. Et on vous rassure tout de suite, à la fin, tout le monde se réconcilie autour d’une chocolatine.

Deux villes, une rivière : la Garonne

Tout commence par un fleuve. La Garonne traverse Toulouse avant de rejoindre Bordeaux, environ 250 kilomètres plus loin, puis l’estuaire de la Gironde. Les deux villes sont donc liées par le même cours d’eau, et chacune a grandi grâce à lui. Toulouse en a fait une ville de commerce intérieur et de canaux, avec le canal du Midi qui la relie à la Méditerranée. Bordeaux en a fait un grand port tourné vers l’Atlantique, le fameux port de la Lune, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Deux villes sur le même fleuve, mais tournées vers deux mers différentes. Voilà peut-être le début de tout : elles se ressemblent assez pour se comparer, et sont assez différentes pour ne jamais être d’accord.

Une rivalité qui vient de loin : l’histoire

Au Moyen Âge, les deux villes n’appartiennent pas au même monde. Avec le mariage d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri Plantagenêt, au XIIᵉ siècle, Bordeaux passe sous la couronne d’Angleterre. Elle le restera trois siècles, jusqu’en 1453, et y gagnera un commerce du vin florissant avec les îles britanniques.

Toulouse, elle, est la capitale des puissants comtes de Toulouse, au cœur du pays d’oc, avant son rattachement au royaume de France au XIIIᵉ siècle. D’un côté, une ville marchande tournée vers l’Angleterre. De l’autre, une capitale occitane fière de sa langue et de sa culture. Les deux villes ont grandi chacune avec son identité, et aucune n’a jamais eu envie de ressembler à l’autre.

Ville rose contre ville de pierre

Ça se voit même dans les rues. Faute de carrières de pierre à proximité, Toulouse s’est construite en brique rouge, qui lui vaut son surnom de « Ville rose ». Bordeaux, elle, a bâti ses façades en pierre calcaire blonde, avec ses quais classiques et sa place de la Bourse. Deux identités architecturales fortes, et deux fiertés locales impossibles à départager.

Le rugby : Stade Toulousain contre UBB

Si la rivalité a un terrain de jeu, c’est bien le rugby. Le Stade Toulousain est le club le plus titré de France. Face à lui, l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) est devenue ces dernières années l’un de ses plus grands rivaux. Et leurs duels ont laissé des traces.

  • Juin 2024 : en finale du Top 14 à Marseille, Toulouse écrase l’UBB 59 à 3, un score historique pour une finale.
  • Mai 2025 : l’UBB prend sa revanche en demi-finale de Champions Cup (35-18), puis décroche son premier titre européen.
  • Juin 2025 : nouvelle finale du Top 14 au Stade de France. Bordeaux égalise à la dernière seconde (33-33), mais Toulouse s’impose en prolongation, 39 à 33, et soulève son 24ᵉ bouclier de Brennus.

Entre les deux clubs, chaque match se joue désormais comme une finale, et dans les tribunes, la rivalité entre villes s’exprime à pleins poumons.

Le TGV : la blessure toulousaine

Voilà un sujet qui fâche vraiment côté toulousain. Depuis juillet 2017, grâce à la LGV, Bordeaux est à 2 h 04 de Paris en TGV. Toulouse, pourtant 4ᵉ ville de France, doit toujours compter environ quatre heures de train pour rejoindre la capitale. La ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse est en projet depuis des années. Son financement a été sécurisé par l’État en 2026, mais sa mise en service n’est pas attendue avant le début des années 2030.

Pour beaucoup de Toulousains, le symbole est cruel : pour aller vite à Paris, il faudra… passer par Bordeaux.

Grande ville contre capitale régionale

La bataille se joue aussi sur les chiffres. Selon l’Insee, Toulouse compte 514 819 habitants, soit près du double de Bordeaux (267 991), et se classe 4ᵉ ville de France, loin devant Bordeaux, 9ᵉ. Mais à l’échelle des métropoles, l’écart se resserre, et Bordeaux a pour elle son rayonnement international, son vin et son attractivité touristique.

Depuis la réforme des régions de 2016, chacune règne sur son territoire. Bordeaux est la capitale de la Nouvelle-Aquitaine, la plus grande région de France par sa superficie. Toulouse est celle de l’Occitanie. Deux capitales voisines, en concurrence pour attirer entreprises, étudiants et investissements. De quoi entretenir la flamme.

Et le football dans tout ça ?

Le derby entre les Girondins de Bordeaux et le Toulouse FC a longtemps animé la Ligue 1. Mais les Girondins, sextuples champions de France, ont connu une chute brutale. En 2024, le club a renoncé à son statut professionnel. Le derby de la Garonne, au football du moins, est en pause. Les supporters bordelais apprécieront qu’on n’en dise pas plus.

Ce qui les rapproche (bien plus qu’ils ne l’admettent)

À force de se chambrer, on oublierait presque tout ce qui unit Toulousains et Bordelais. Ils partagent le même fleuve, le même amour du rugby, le même accent chantant du Sud-Ouest, la même passion pour la bonne table et le même ciel. Ils travaillent même ensemble : l’aéronautique et le spatial font vivre les deux métropoles, et les entreprises des deux villes coopèrent au sein du même pôle de compétitivité, Aerospace Valley.

Et surtout, il y a un sujet sur lequel ils sont parfaitement d’accord. Demandez à un Toulousain comme à un Bordelais comment s’appelle cette viennoiserie feuilletée avec deux barres de chocolat. La réponse sera la même : une chocolatine. Face au reste de la France qui dit « pain au chocolat », Toulouse et Bordeaux forment un seul et même camp. Si vous voulez savoir pourquoi, on vous raconte tout dans notre article sur l’origine du débat chocolatine ou pain au chocolat.

Au fond, la rivalité entre Toulouse et Bordeaux ressemble à celle de deux frères : on se taquine, on se compare, on se chambre… mais face aux autres, on fait bloc. C’est exactement l’esprit du Gang des Chocolatines : on peut ne pas être d’accord sur tout, tant qu’on se retrouve sur l’essentiel.

Questions fréquentes

Pourquoi Toulouse et Bordeaux sont-elles rivales ?

La rivalité vient d’un mélange d’histoire (Bordeaux anglaise, Toulouse capitale occitane), de concurrence économique entre deux capitales régionales voisines, et surtout du rugby, avec les affrontements entre le Stade Toulousain et l’UBB.

Quelle ville est la plus grande, Toulouse ou Bordeaux ?

Toulouse, avec 514 819 habitants contre 267 991 pour Bordeaux (Insee, population 2023). Toulouse est la 4ᵉ ville de France, Bordeaux la 9ᵉ.

Quand la LGV Bordeaux-Toulouse sera-t-elle mise en service ?

Le projet est financé et les travaux avancent, mais la mise en service n’est pas attendue avant le début des années 2030.

Dit-on chocolatine à Toulouse et à Bordeaux ?

Oui ! C’est même l’un des rares points sur lesquels les deux villes sont d’accord : dans tout le grand Sud-Ouest, on dit chocolatine.


Toulousain ou Bordelais, un seul camp : la chocolatine

Notre motif « Tradition » réconcilie tout le Sud-Ouest. À porter des deux côtés de la Garonne.

les t-shirts Chocolatine le t-shirt blanc et rouge les hoodies les sweats

Sources : Insee, populations légales 2023 (via Toulouse Métropole) ; RugbyPass, « La rivalité entre Toulouse et Bordeaux-Bègles en six chapitres » et compte rendu de la finale du Top 14 2025 ; beIN Sports ; Voyages d’affaires et Le Bonbon, sur la LGV Bordeaux-Toulouse ; Europe 1, sur la rétrogradation des Girondins de Bordeaux.